BIENVENUE !

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Pour cette deuxième saison, les Télé-Graphistes se sont lancés dans une nouvelle expérience : le récit à plusieurs voix. Huit histoires se sont construites progressivement, chacun, selon les mois, ajoutant un nouvel épisode à l'un des récits. Ainsi, chaque Télé-Graphiste aura participé à l'avancée de chaque texte.

Vaudoiseries, comme ils disent


1
   Quand vient la fin de l'été il faut quitter la petite maison de pierre. Quitter cette vie paradisiaque où le seul souci tourne autour de la question du manger, de l'heure du manger, du lieu du promener et de l'heure et du lieu du prochain manger. Les odeurs de romarin et de lavande, les vignes, la lumière, les cigales. Là, rien de la vie de tous les jours ne peut vous rattraper, on y oublie tout et surtout on ne pense plus; pas même pour se demander pourquoi l'on est au monde. Le retour dans les froideurs est toujours fort cafardeux. Cafard que je trompe en me répandant en activités de loisirs et de civilités : ici l'inauguration d'une exposition ou un vernissage, là une cérémonie officielle, l'ouverture d'un congrès ou d'une faculté. Le point commun incontournable entre ces activités : une conférence intéressante jointe à un apéro à tomber par terre, et rencontrer du monde, plein de monde ! Je ne résiste pas à vous livrer ma dernière aventure gustative. Une amie part au Maroc, juste un aller-retour pour une affaire familiale, et me refile son billet de promenade en barque à voiles sur le Léman. Je me présente à l'embarcadère d'Ouchy par un temps pluvieux et agité, dans une tenue prête à affronter un déluge. Une trentaine de personnes embarquent en même temps que moi. Après quelques minutes on sort les voiles majestueuses de ce magnifique vaisseau du début du siècle, nous voilà comme sur une galère romaine au large de Lausanne pour faire le tour du lac en face des vignes en terrasses de Lavaux. Tout d'un coup quelques caisses de vin blanc et de rouge commencent à attirer mon attention. Je me dis : « c'est pas vrai ! ». Et puis en me penchant un peu je découvre sous un banc une immense tarte aux pruneaux. Le temps de relever les yeux que déjà, d'innombrables plateaux de toasts au saumon, de charcuterie, de pâtés en tous genres sont posés là et me remuent les narines. Nous voilà pris en otage par un équipage nommé « pirates d'Ouchy ». Des plaisanteries en tout genre fusent, surtout des « vaudoiseries » : un « pirate d'Ouchy » lance à la cantonade : « Vous voyez le grand mat là ? C'est un cure-dent pour les Genevois ! » A ce stade, une petite explication à l'intention du lecteur non helvète est nécessaire : nous vivons en Confédération. Nous nous taquinons parfois un peu parce que nous nous aimons bien ; rien de plus, rien de moins, ni rien de bien méchant... Nous vivons toujours dans la Lausanne paysanne, même si elle a fait ses humanités depuis déjà longtemps. Et depuis toujours les vaudois ont quelque taquinerie à adresser aux habitants de la Genève internationale accusée d'un orgueil quelque peu hautin. Le Genevois est un peu comme le parisien, il a l'accent pointu et la langue bien pendue. On l'accuse d'avoir « une grande gueule ». D'où un cure-dent nécessairement aussi démesuré adressé au Genevois par l'un de nos « pirates » bien vaudois. Un autre vaudois aurait pu vous expliquer que : Lorsque l'on porte en terre un Genevois, on laisse toujours le couvercle du cercueil ouvert... « Pour loger la gueule ». Le vaudois lui s'exprime lentement et bien peu : « Ni oui ni non, bien au contraire ! » Quand on lui demande son avis il répond : « Quand on voit ce qu'on voit et qu'on entend ce qu'on entend, on est bien content de penser ce qu'on pense ! ». Quand on lui demande encore : « Qu'allez vous faire ? ». Il répond : « Laissons dire et faisons bien ! » ou il répond : « L'immobilisme est en marche, rien en pourra l'arrêter ! ». Pour le Vaudois, Genève c'est à l'autre bout du lac, c'est l'étranger et c'est surtout très endetté car fort mal géré. Le vaudois, lui, dépense aussi peu qu'il ne donne son avis. Si trois vieux vaudois sont assis sur un banc et qu'une vache se met à passer, il faut encore un quart d'heure pour que le premier se permette de risquer une opinion ; il dira : « Ça c'est la vache à Roland ! » Il faudra attendre un quart d'heure supplémentaire pour que le deuxième ose dire, mais à voix basse : « Mmmh non, ça c'était la vache à Fernand ! » Et un quart d'heure suivant est encore nécessaire pour que le troisième petit vieux se lève en disant : « Moi j'm'en vais, j'aime pas les disputes ! » Bref, revenons sur notre galère à voile au bord de la coulaison, chargée de toasts au saumon. L'un des « pirates », au demeurant député au grand conseil vaudois s'approche de moi et me demande : « Cela vous plaît-il ? ». Ma réponse la bouche pleine : «Mmmmh... et bien... je me demande dans quel pays l'on vit et surtout je m'interroge quant à savoir si je ne vais pas me réveiller dans mon lit à la première vague qui nous passera par dessus ! » Il me répond : « Vous r'prendrez bien un p'tit coup de blanc ! ». J'étais déjà bien mûr mais ça ne se refuse pas... aucunement !

2
   A force de dire oui, je finis par être mûr, très mûr, plus mûr que les figues que j’avais dégustées au pays des cigales, en France avant de me retrouver sur cette galère suisse.
Que s’est-il passé ensuite, je ne le sais plus ! J’ai cru que nous avions coulé ; en fait je m’étais illustré en commençant à raconter des blagues mais comme personne ne riait, je m’étais emporté. J’avais, parait-il, insulté les autres passagers, j’avais eu des gestes obscènes et j’avais fini par rouler sous la table et vomir dans la tarte aux pruneaux que j’avais repérée quelques temps plus tôt.
Je dis bien j’avais car je n’en ai aucun souvenir et c’est ce que l’on m’a rapporté le lendemain au réveil qui fut plutôt brutal et inattendu.
Si je vous dis que nous avons eu affaire à de vrais pirates, vous allez penser que je blague, une de ces bonnes blagues suisses qui ne font rire que les suisses. Je vous jure sur la tête de ce que j’ai de plus cher, « l’honneur des vaudois », que je ne plaisante pas.
Le lendemain matin, je me suis réveillé au fond d’une soute avec les autres passagers. Ce sont eux qui m’ont raconté les turpitudes que j’avais commises avant de me livrer la suite.
Vous devez penser que je suis toujours ivre mais je puis vous assurer que non, même si ce matin-là, au réveil, ma tête pesait dix tonnes et semblait résonner comme un coucou suisse. Nous les Suisses et notre humour, connu par delà les frontières, sommes intarissables sur notre beau pays et ses merveilles.
Bon, bref, revenons à notre soute. La veille au soir, alors que je venais de me vautrer dans la tarte aux pruneaux après avoir crié : « On est dans la merde, les politiques ne sont pas à la hauteur, personne n’est à la hauteur... il n’y a que la Suisse pour sauver le monde », une bande masquée avec pistolet au poing avait surgi de nulle part et envahi le bateau. Puis comme dans un film, ils avaient expliqué que rien de mal ne nous arriverait si nous nous tenions à carreau. Ils avaient neutralisé l’équipage d’opérette « Pirates d’Ouchy » en les obligeant à avaler des somnifères puis l’avait laissé sur le bateau après avoir transféré sur un autre l’ensemble des passagers dont je faisais partie.
Parait-il que j’avais eu chaud. Vu mon état, ils avaient hésité à me débarquer. L’un d’eux avait suggéré de me passer par- dessus bord mais celui qui était le chef avait rétorqué qu’il était convenu de ne pas faire de victime.
Par conséquent, j’avais été chargé à dos de pirate et conduit dans cette espèce de cave.
Je vous vois en train de hocher la tête ! Vous vous dites que je blague et que c’est un gag organisé par l’un d’entre nous pour corser cette balade sur le lac Léman.
Non, je vous dis que non.
Je peux vous assurer que l’ambiance n’était pas joyeuse. Personne ne savait où l’on était et pourquoi nous étions enfermés dans cette cave... personne ne connaissait les raisons pour lesquelles nous avions été enlevés car telle était la réalité.
J’avais vraiment l’impression d’être dans une série télévisée, de celles qui inondent tant les écrans de télévision.
Et puis quelqu’un s’est tourné vers moi en me disant « Tout cela est de votre faute. Si vous n’aviez pas fait tout ce ramdam avant de vous écrouler, nous les aurions entendu venir et nous aurions pu nous défendre ».
Et un autre d’ajouter « Il est peut-être de mèche avec eux... il faisait partie de leur plan pour détourner notre attention et celui de l’équipage ».
Et un autre d’ajouter « Espèce de salopard, tu vas tout nous avouer sinon, on va te faire la peau. Je suis près à parier qu’il n’est même pas Suisse, y’a qu’à voir sa tête ».
J’étais sidéré au point de penser qu’une fois encore, je faisais un mauvais rêve dû à ma cuite de la veille mais force était de constater qu’ils ne plaisantaient pas et que j’étais bien réveillé.
« Eh les gars, vous pétez les plombs... je n’ai rien à voir là dedans, je suis comme vous dans la même galère et je suis bien Suisse, je peux vous le prouver ».
Et c’est à ce moment là, en fouillant dans ma poche que je m’aperçus que je n’avais plus de portefeuille.
Je me mis à transpirer, le souffle court car comment les convaincre que j’étais vraiment Suisse sans pièce d’identité quand on s’appelle Brahim Gassoma.

3
   Le silence qui suivit fut rapidement rompu par le brouhaha de mes compagnons qui me confirmèrent tous ensemble dans une grande cacophonie que nous étions tous dans le même état. Nos ravisseurs nous ont délestés de nos portefeuilles et téléphones portables, et même de nos montres. Curieusement sur les sept que nous sommes les deux femmes ont conservé leurs bijoux.
Dans cette cale sans ouvertures mais heureusement éclairée par une ampoule au plafond, vient alors le temps des questions.
Pourquoi sommes-nous là ? Depuis combien de temps ? Que nous veut-on ?
Chacun y va de son pronostic plus ou moins étayé par des justifications rapidement contredites. Les suggestions fusent dans tous les sens et le ton monte rapidement. Force est de constater que dans ces moments d’angoisse collective l’individualisme prend rapidement le dessus.
Je décidai malgré ma mise en cause par mes codétenus, et peut-être pour me rattraper de mon comportement de la veille, de tenter de ramener le calme.
- S’il vous plait mes amis, nous invectiver ne servira à rien. Nous sommes tous dans la même galère et nous devrons en sortir tous ensemble.
- Que proposez vous, vous qui êtes si fort ? me dit mon voisin, un homme de grande taille aux cheveux longs, sur un ton de colère contenue.
- Réfléchissons si vous le voulez bien aux raisons qui ont pu nous mettre dans cette situation. Que chacun donne son avis et nous tacherons ensuite de trouver une solution.
Des échanges qui suivirent, il ressortit plusieurs hypothèses. Nous mettons de coté le vol simple en raison des bijoux laissés à nos compagnes d’infortune.
- Soit nos ravisseurs se servent de nous tous comme otage dans un but politique ou tout simplement financier. Soit ils nous ont enlevés pour s’en prendre plus directement aux Pirates d’Ouchy et à leur bateau. Dans tous les cas s’ils ont laissé libre l’équipage du voilier, l’alerte devrait être rapidement lancée aux autorités.
C’est encore le grand chevelu qui intervient.
- A moins qu’ils en veuillent plus précisément à un seul d’entre nous et qu’ils ne l’aient pas reconnu dans la confusion de l’abordage. Peut être serait-il temps de faire connaissance.
Tour d’horizon général. Le grand travaille à l’office du tourisme, il ya deux cadres de l’Union des Banques Suisses, le directeur de l’Hôtel Aulac, les deux dames inséparables sont les sœurs du propriétaire du bateau, et moi.
M’étant présenté je rappelle que je ne devais pas être là mais que je remplace Rachida mon amie du consulat du Maroc.
C’est alors que je réalisai que Rachida était partie assez précipitamment et sans donner d’explication mais que j’avais bien senti chez elle, d’ordinaire si enjouée, comme un trouble inhabituel. Est-ce que mon profil basané par mon séjour estival en Provence n’aurait pas ajouté de la confusion dans l’intervention de nos agresseurs. Et pendant ce temps là que fait Rachida au Maroc.
Je m’abstins de faire part de ces réflexions mais j’ai eu subitement comme un doute.
Et si le grand avait raison ?
Nos échanges furent brusquement interrompus par l’arrivée de trois personnages cagoulés. Deux hommes et de toute évidence une femme portant un grand plat.
Un monticule de purée plantée de sept cuillères. Les deux hommes posèrent des bouteilles d’eau sans un mot et c’est la femme qui jeta « Mangez, vous n’êtes pas près de sortir ». Son accent était nettement suisse-allemand. Puis la porte se referma nous laissant un instant sans voix.

4
   Le grand chevelu prit la parole et rompit ce silence d’outre- tombe.
- Nous devrions manger et reprendre des forces.
Mes appels au calme lui étaient apparemment arrivés au cerveau. Tous s’exécutèrent dans un calme surprenant. Les deux femmes avalaient de minuscules cuillères de purée avec un mimétisme étonnant tout en refoulant leurs larmes. Imaginez deux gallinacées hoquetant. Vous voyez le tableau !
Quant aux hommes, la tête baissée au risque de la plonger dans l’auge, ils ne se risquaient à aucun commentaire. Je regardais cette scène un peu comme si je n’étais pas concerné. Je me trouvais plongé dans des réflexions multiples et confuses comme après un bon joint d’herbe africaine. Ce silence assourdissant commençait à me faire basculer vers le « bad trip » quand soudain, la porte de la cave s’ouvrit dans un bruit fracassant sur les deux hommes cagoulés. Sans un mot ils se dirigèrent vers le grand chevelu. Ils lui demandèrent de le suivre. Energiquement ils l’attrapèrent par le col pour le soustraire à son banquet. Immédiatement les autres convives, moi y compris, tentèrent de s’interposer. Mais la voix gutturale de la femme nous surpris. Elle nous tenait en joue et nous rappelait à l’ordre.
- Ne bougez pas ! Chacun son tour !
La dessus, la porte se referma sur eux, nous laissant une nouvelle fois sans voix. Même notre grand gaillard, il est vrai plus habitué aux touristes qu’aux terroristes, n’avait pu prononcer la moindre protestation.
- Qu’est-ce-que ça veut dire ! s’écria une des deux femmes
- Que lui veulent-ils ? hurla la seconde
Pendant que le directeur d’hôtel se plaignait du confort spartiate, un des deux cadres banquiers réclama à son tour le silence.
- Apparemment il n’est pas le seul concerné puisque cette femme nous a bien dit que notre tour viendrait ! Non ? Qu’en pensez-vous Edouard ? s’adressant à son homologue.
- En effet, sommes-nous tous concernés ou seulement certains d’entre nous? Xavier, mon cher, c’est cela la vraie interrogation.
Les deux femmes commentaient leurs paroles bruyamment.
J’étais ahuri devant les propos de ces deux cols blancs. Non pas que leur contenu fusse alambiqué, mais le style employé était tellement décalé.
Malgré tout je ne comprenais absolument pas ce qui se tramait. Avant la première intrusion ma réflexion s’était attardée sur l’étrange impression que m’avait laissée Rachida en me refourguant son billet. Non, je ne la voyais pas du tout impliquée dans une affaire pareille.

5
   En cet instant, le cafard septembral que je tentais de fuir d’inaugurations en vernissages me rattrapa, et je m’assis lourdement à même le sol, écrasé par un méchant désespoir. Dieu, que ma petite maison de pierre me semblait loin ! Et pour l’aventure gustative, vous repasserez ! me dis-je, en plantant mécaniquement ma cuillère dans le plat de purée refroidissante.
Nous restâmes tous les six un long moment silencieux, perdus dans nos réflexions, à fixer l’ampoule qui pendouillait lamentablement du plafond. Puis, sans crier gare ou qu’est-ce, le propriétaire de l’Hôtel Aulac se leva et se jeta contre la porte, y tambourinant comme un dément en hurlant « laissez-moi sortir, j’ai quatre enfants à nourrir ! ». Ce moment fut choisi par l’une des deux sœurs pour éclater en baveux, bruyants et morveux sanglots tandis que l’autre, se balançant d’avant en arrière tout en tripotant son collier de perles les yeux grand-ouverts sur un tableau d’effroi se mit à répéter « ils vont nous violer, ils vont tous nous violer ! ».
- S’il vous plait mes amis, intervins-je une nouvelle fois pour tenter de rétablir le calme, s’énerver ne sert à rien.
- Ho, vous le rastaquouère, me répondit Monsieur Edouard, on ne vous a pas sonné ! Vous commencez à nous les concasser menu avec vos amis par-ci, vos amis par-là ! Vous n’auriez pas vomi dans la tarte aux pruneaux, nous n’en serions pas là !
- Ils vont nous forcer à nous entre-dévorer ! beugla Monsieur Xavier en s’arrachant une poignée de cheveux.
- J’ai quatre enfants à nourrir ! continuait d’hurler le directeur.
- Ils vont tous nous violer ! Surenchérit hystériquement la sœur perlée.
Soudain, le bruit d’une clé tournant dans la serrure de la porte ramena tout le monde au calme. Le directeur recula tandis que la porte s’ouvrit sur le grand chevelu, poussé du bout d’une kalachnikov par un des cagoulés.
- C’est pire que ce que j’imaginais, c’est l’apocalypse ! souffla le chevelu les larmes aux yeux avant de s’écrouler dans les bras de la sœur au collier.
- Ils vous ont violé ? lui demanda-t-elle d’une voix blanche.
- Silence ! ordonna le cagoulé. Puis, me désignant du bout de son fusil : toi là, mets-toi de pointe !
Légèrement interloqué par ces mots, je n’osai bouger.
- Levez-vous, imbécile! me dit Monsieur Edouard. Je m’exécutai.
Après avoir fermé la porte derrière nous, le pirate me fit traverser un couloir aux murs suintants. Nous nous retrouvâmes dans une salle plus qu’obscure, entourés par une dizaine d’encagoulés fortement armés. Au milieu de la pièce trônait une simple chaise en bois en face d’une caméra posée sur trépieds.
- Assis-toi, m’ordonna une des capuches noires en me tendant une feuille de papier, et lis ce texte à la caméra !
Je m’exécutai de nouveau après avoir lu une première fois le texte. Effectivement, l’apocalypse n’était pas loin.
- Je m’appelle Brahim Gassoma. Je suis l’un des otages du Front de Libération du canton de Vaud. Mes geôliers sont de bise et déterminés, et rien ne les arrêtera ; ils se battront sans décuchaiser, jusqu’à la mort s’il le faut. En leur nom, je demande l’indépendance immédiate et sans condition du pays de Vaud, sans quoi un otage sera jeté par-dessus bord toutes les douze heures. Attention ! Notre vie branle au manche ! Ne tentez rien de stupride, heu, de strupide...
- Charrette ! s’écria l’une des cagoules.
- Coupez, on la refait ! ajouta l’un des autres. Ecoute-moi, me dit-il, tu vas recommencer sans te tromper, sinon tu vas goûter notre colère. Allez, on recommence ! et cette fois, t’as intérêt à nous décevoir en bien, sinon...
Je m’éxécutai une troisième fois après avoir avalé ma salive. Vraiment, je n’avais aucune envie de les décevoir en mal et, même si je ne savais pas vraiment ce que cela voulais dire, j’étais prêt à me mettre de pointe sans décuchaiser de peur que ma vie ne branle au manche.

6
   La prestation leur parut correcte, même si de mon point de vue, l’absence de l’accent local rendait le patois vaudois comique, et dépouillait le discours de la terreur qu’il était censé inspirer. Déjà, j’imaginais pour oublier le canon de l’arme pointé en face de moi, les différents pastiches qui circuleraient sur internet au cas où nos ravisseurs utiliseraient la toile pour faire part de leurs revendications. Et alors que j’esquissai un sourire me demandant si le leader était de Gland, se posa en effet au groupe terroriste, la question de la diffusion de leur message. En effet, ils n’avaient pas envisagé une seule seconde, qu’au milieu du lac Léman le signal « 3G » ne passait pas du tout et donc les empêchaient de poster à un quelconque média la vidéo dont je tenais le rôle titre. Une discussion assez vive s’engagea dans la petite bande : la confusion régnait et de ce que je pouvais comprendre, aucune solution satisfaisante ne paraissait pointer le bout de son nez.
J’eus alors une idée lumineuse qui m’apparaissait une solution à leur problème, mais aussi à ma captivité. Je leur fis valoir qu’il fallait qu’un messager quittât le bateau afin de prévenir les autorités; qu’étant suisse d’adoption peu m’importait que la confédération demeurât unie ou que l’un de ses enfants s’émancipât; que je pourrais être leur missi dominici. Ils me regardèrent avec attention mais voulant finir de les convaincre, je me laissais aller à leur dire que dans ma jeunesse, j’avais moi-même milité pour le compte d’un front de libération au Maroc (ce qui était parfaitement faux, ayant grandi dans les beaux quartiers des capitales européennes). Les voyant dubitatifs, j’inventai alors une histoire invraisemblable mais qui pour des vaudois qui ne voyaient pas plus loin que le bout de leur lac, leur parut tenir la route, tandis que je m’efforçai de faire bonne figure et de m’auto-convaincre de mes agissements chimériques.
Je ne sais ce qui me prit, mais dans mon délire inventif je m’octroyai un rôle de leader et romançait à l’extrême les aventures de mon front séparatiste à moi. Sans doute, était-ce l’abus d’alcool de la veille mélangé à une certaine crainte de
mes ravisseurs (on est en droit d’être inquiet de la réaction d’un suisse en colère car l’histoire est peu diserte sur l’expression de ce sentiment dans ce peuple paisible), mais mon histoire leur parut tenir la route, au point qu’après une brève concertation entre eux, la fine équipe me fit une proposition : rejoindre leur groupe comme conseiller technique mais à titre secret. Je leur demandai alors quel intérêt ils trouvaient à m’inclure dans leur aventure rocambolesque, ne sachant déjà plus ce que je leur avais raconté auparavant qui puisse les inciter à me convertir à leur cause. Le chef prit alors la parole un peu agacé et me lança un: « Non mais ce n’est pas possible, tu le fais exprès ou quoi ? » qui me laissa sans voix. Puis il m’expliqua comme on tente de faire comprendre à un indigène à plumes le fonctionnent d’un briquet, que mon expérience servirait leur cause, qu’étant à peine suisse je passerais inaperçu pour les autorités chargées de la négociation éventuelle et donc je pourrais habilement servir la noble cause sécessionniste. J’acquiesçai mais je leur demandai tout de même ce qui leur laissait croire qu’une fois le bateau quitté, je ne me carapaterais pas dans la campagne suisse sans autre forme de procès. Le chef me précisa alors, dans un rire sardonique, pourquoi je ne pourrais qu’obéir à leurs ordres : ce que j’entendis me glaça le sang !

7
« Vous avez tous un point commun » lança le chef. « Vous possédez tous un compte à l'Union de Banques Suisses non déclaré. Les cadres de l'UBS qui sont encore en bas, on a tout ce qu'il faut pour les faire parler et déclencher un scandale énôôôôrme. Tiens, toi par exemple, ton compte caché, tu essaies de le faire réapparaître en France par le biais d'un trafic de drogue international via le Maroc ; Rachida c'était ton nom d'emprunt pour faire discret, mais nous on n'est pas des bobets, les valises diplomatiques on les connaît ! » Et il ajouta, la figure rouge de colère prête à éclater : « On veut du fric, de oseille, du brouzouf, du pognon, du blé, d'l'a monnaie, des ronds, d'la tune, dl'a blanquette, tu comprends mon pt'it bonhomme ? Alors une fois qu'on t'aura relâché, soit tu transcris mot à mot nos revendications auprès des autorités, soit on fait griller les pieds des cadres de l'UBS et on vous balance tous ! »
J'étais médusé, ils croyaient que Rachida c'était un nom d'emprunt.... et j'apprenais que Rachida était au cœur d'une histoire de blanchiment entre le Maroc et la France... j'en avais les os glacés! Pas croyable ! Je repassai dans ma mémoire la tête de chacun de mes comparses enfermées en dessous. Les deux femmes avec leur collier de perle ne m'avaient-elles pas dit qu'elles habitaient Neuilly-sur-Seine ? Tous français ! Les sœurs Bellencourt je crois... et le directeur du palace Aulac avec les deux banquiers... mais tout ce petit monde se connaît ! Tout le monde se fout de moi depuis l'début dans cette galère! Ils m'accusent d'avoir vomi dans la tarte aux pruneaux, mais eux ils ne se gênent pas pour piocher dans la purée pas déclarée sans se faire attraper ! Sauf que je n'ai rien à me reprocher moi et ils peuvent me relâcher, je n'ai rien à perdre sans cette histoire ! Les autres je m'en fous s'ils traînent dans la soupe, une fois sorti je ferai ce que je voudrai... je peux tous les balancer ; les deux sœurs Pettencourt, heu... Bellencourt, les banquiers et leurs comptes secrets, le directeur de palace véreux ! Je m'avance alors vers le chef les mains jointes et lui dit d'un ton plaintif : « S'il vous plaît Monsieur ne reparlons plus de cette histoire de blanchiment.... je vous promets que dès que je serai sorti, je ferai tout ce que vous me direz et vous donnerai de quoi financer vos activités. J'irai voir la Présidente de la Confédération en personne s'il le faut pour lui faire part de toutes vos revendications ! » Et en bombant le torse j'ajoutai : « C'est un point d'honneur pour moi que de défendre une cause indépendantiste noble et juste ! » Un grand balaise me balance un coup de kalachnikov dans le dos : « Te fous pas de notre gueule non plus ! » Mais quelque chose m'embêtait quand même.... Rachida.... ma chère Rachida avec ses beaux yeux noirs. Elle ? Traîner dans une si sale affaire ? Je me sentais pris dans un terrible conflit de loyauté. Une fois dehors, soit je joue double jeu avec les autorités pour protéger Rachida, soit je leur balance toute la sauce mais je mets Rachida en danger, même si je suis sûr que ma Rachida chérie, elle n'a rien fait, elle est l'honnêteté même. Quand elle me regarde avec ses beaux yeux noirs je vois à travers elle la palmeraie de Marrakech, la mosquée de la Koutoubia, la porte Agnou, une gazelle croustillante d'où coulent le lait et le miel, elle est la lune et le soleil, elle est douce comme une pastilla ! « Monsieur faites de moi ce que vous voudrez, j'épouse votre cause et vous défendrai ! » Ils me mirent alors un bandeau sur les yeux, me firent avaler des somnifères, me prirent par le font du pantalon, ouvrirent la porte de la cave et me balancèrent
dehors sans ménagement. On ouvrit le coffre d'une voiture et on me jeta dedans comme un sac à patates. Celle-ci démarra à toute vitesse, je sentais qu'elle fonçait à vive allure dans une route à lacets, destination.... inconnue ! Puis je m'endormis sous l'effet des sédatifs sans pouvoir dire ce qu'il se passa ensuite.

8
   D’abord, je sentis le froid sur tout mon corps, un grand frisson, comme celui d’un orgasme sexuel inversé : sans plaisir. Puis mes yeux furent agressés par une lumière crue, semblable à un néon de grand magasin qu’un policier borderline m’enverrait en pleine poire afin de me faire avouer l’ensemble de mes turpitudes passées, présentes et futures. Enfin cerise (pourrie) sur le gâteau (moisi), une odeur âcre saisit mes sens olfactifs, mais d’une intensité telle que mes narines, ma gorge et mes petits poumons furent atteints de picotements, de toussotement et de raclements aussi élégants que ceux des tuberculeux peuplant les sanatoriums helvétiques. Alors ma conscience réunit dans un même scénario ces trois actes, et je m’aperçus que j’étais allongé dehors, à deux pas d’une décharge puante, le vent des glaciers dégringolant des montagnes, enveloppant mon être tout entier, avec à la sommité un mal de crâne digne de mes plus belles javas !
J’aurais donné à cet instant n’importe quoi pour une aspirine effervescente, mais dans le même temps, j’essayai de me remémorer ce qui m’avait conduit là, dans cette déchéance que j’espérais transitoire, mes pensées demeurant aussi confuses que les explications des banquiers suisses sur le sujet ô combien prégnant de l’évasion fiscale. Essayant de connecter entre eux les quelques neurones qui avaient permis que je me réveille, je brassai confusément les souvenirs de la veille, et comme un puzzle un peu complexe, petit à petit tout me revint : les ravisseurs, ma proposition de servir d’intermédiaire, les comptes en Suisse, bref la situation ubuesque dans laquelle je m’étais fourré qui, si elle avait été raconté dans un roman, n’eut été crue par aucun lecteur. Puis me revinrent aussi les élucubrations de mes ravisseurs sur le prétendu rôle de Rachida : j’avais du mal à croire ce qu’ils avaient tenté de m’expliquer, mais je savais que le vaudois, et de surcroit le vaudois terroriste a une propension à interpréter ce qu’on lui raconte pour le mettre à sa sauce. Il me fallait donc élucider ce mystère, démêler la pelote et tenter avec malice de sortir de ce
guêpier : joindre Rachida me parut la priorité, la négociation pouvant attendre de mon point de vue.
Les ravisseurs m’ayant laissé mon téléphone cellulaire, je tâchai, grâce au GPS intégré, de me repérer et vis que j’étais à quelques fondues de chez Rachida.
Je lui passai un coup de fil, lui demandant sans poser de question de venir me chercher là où je me trouvais : son absence de question, son obéissance à ma requête la dégageaient de mon point de vue du petit trafic dont on m’accusait, et la dédouanait elle-même de toute implication. Par ailleurs, à titre personnel, je me réjouissais qu’elle réponde à ma supplique sans poser de question, ce qui me laissait croire qu’elle n’était pas indifférente si ce n’est à mes sentiments, à minima à ma personne. Elle vint : je la vis splendide, je me vis en comparaison miséreux, sale et à l’ouest, mais elle ne parut pas s’en rendre compte.
Je lui racontai alors de manière assez confuse ma mésaventure de la veille, de ce que j’avais appris par les ravisseurs, et à partir des bribes que je déposais à sa sagacité, elle put reconstituer la tragi-comédie qui se jouait sur le bateau. Et si j’avais un doute à son sujet, il disparut comme l’argent sale quant elle me dit : « la surprise est de taille, je savais que les vaudois aiment à se vautrer dans le fantasme comme les porcs dans la fange, mais là c’est trop : mon honneur est atteint ». Elle m’affirma que le temps était venu de se rendre à la police pour le grand déballage de toute cette invraisemblable histoire.

9
- Reprenons au début. Et s’il vous plait, évitez de parler en même temps. Tout cela est déjà assez confus ! Le brigadier chef Derrickos essaie depuis un moment de prendre des notes d’un crayon nerveux qui gratte, biffe, trace des flèches et dessine finalement une espèce de gribouillis illisible. Il prend donc une nouvelle feuille de papier, lève un sourcil et un menton interrogateurs en direction de Rachida et lance : Je vous écoute.
Rachida, en sa qualité d’employée consulaire, sait qu’il est important de garder son calme et d’être le plus précis possible.
- Je me suis rendue au Maroc pour y assister ma jeune sœur dont on célébrait les fiançailles. Ayant retenu une place pour une promenade sur le lac et ne pouvant donc l’utiliser, j’ai proposé à Monsieur, ici présent, d’en profiter. Je pense qu’il vous sera facile, si toutefois vous vous avisez de mettre en doute mes paroles, de vérifier à la fois les dates de mon voyage au Maroc et mes déplacements là bas. Puis-je ajouter que Monsieur le Consul lui-même, avec qui je collabore depuis des années...
- Très bien, la coupe Derrickos. Tout cela est noté. A vous Monsieur.
- Comme je vous l’ai dit...
- He bien vous allez le redire et le redire calmement et dans l’ordre, s’agace le brigadier. Vous êtes marocain aussi ?
- Je suis français, Monsieur. On plutôt je l’étais puisque depuis quelques semaines j’ai pu acquérir la nationalité suisse.
- Votre nom....
- Je m’appelle Gassoma. Comme mes ancêtres. Je reconnais que ça ne sonne pas très francophone, mais on ne choisit pas, n’est ce pas Monsieur Derrickos ?...
- Passons, passons...venons en au déroulement de l’affaire.
- Muni du billet aimablement offert par mon amie, j’ai donc embarqué sur le lac. Mais une horde de personnages masqués de cagoules a pris d’assaut notre bateau, ils nous ont enfermés et menacés après nous avoir démunis de nos papiers. Ils étaient lourdement armés et semblaient très menaçants. Lorsqu’ils m’ont extrait de là pour me faire enregistrer un message demandant l’indépendance immédiate du Canton de Vaud, j’ai appris que les sept personnes qu’ils gardaient en otage étaient toutes françaises (moi excepté depuis peu) et que toutes avaient intérêt à ce que ne soient pas ébruités leurs liens avec l’Union des Banques Suisses qui leur permettent de solides économies fiscales en France. Passons. J’ai donc pensé astucieux de m’inventer un passé de militant semblable à celui de nos ravisseurs et leur ai proposé, épousant leur cause, de leur servir d’intermédiaire pour faire valoir leurs revendications. C’est ce qui m’a permis de rejoindre la rive et de me trouver ici, ouf, sur la terre ferme. J’ai alors contacté mon am...
A cet instant le Derrick helvète jette un œil sur l’écran de l’ordinateur qui lui fait face et interrompt mon récit.
- Un instant. Madame, adresse-t-il à Rachida, votre nom c’est bien Gati ?
- Oui, Monsieur, avec deux T.
- Deux T, vous êtes sûre ?
Et avant que Rachida ait pu ajouter un mot, le voici qui s’éponge le front, pousse un soupir accompagné de quelques postillons et s’exclame : Mais alors vous n’êtes pas....
Le voici parti dans des explications entrecoupées de formules d’excuses (le statut d’employée consulaire, n’est-ce pas...) précisant qu’il y a une confusion entre mon amie et une certaine Rachida Gati, bien connue des services secrets pour différents trafics qui... que... enfin bref, désolé, vraiment, etc...
Rachida réprime un sourire mais m’envoie discrètement un léger coup de genoux sous la table ce qui me met le rouge aux joues et une certaine effervescence côté Calvin Klein.
Quelques minutes plus tard, nous voici tous les deux sur le trottoir et je propose aux beaux yeux noirs de la belle de partager un chocolat crémeux de réconfort. Depuis les cornes de gazelle de ma grand-mère, je n’ai jamais rien goûté de si délicieux
Derrickos n’a plus qu’à se débrouiller avec ses chefs et faire remonter le tout aux services secrets.

10
   La télé ronronne en sourdine pendant que je me prépare, derrière le comptoir qui sépare le coin cuisine de ma salle de séjour, un plateau repas vite fait. Tout à coup, un mot me fait dresser l’oreille: «pirates».
Je jette un œil sur l’écran où apparait l’image de notre bateau, amarré à Ouchy et d’où sortent, menottés et non plus cagoulés mais voilés sous des blousons divers, un groupe de personnes dont je reconnais bien l’allure. Je monte le son.
« .... sur le coup de dix heures du matin que les forces spéciales ont pu investir l’embarcation et mettre fin à une prise d’otages qui a fait grand bruit jusqu’au sommet de l’Etat. Les douze prévenus, se déclarant membres du Front de libération du Canton de Vaud, un groupuscule bien évidemment clandestin, avaient en effet il y a deux jours littéralement assailli un paisible bâtiment transportant des touristes sur le Lac et avaient pris en otage les passagers afin d’obtenir, on croit rêver, l’indépendance immédiate de ce canton. Les sept prisonniers étaient tous français ou français d’origine. C’est grâce à la perspicacité d’un des voyageurs que l’alerte a pu être donnée. Ce matin, l’assaut n’a duré que quelques minutes et les membres de ce groupe indépendantiste ont été immédiatement transférés dans les locaux de la police judiciaire où ils sont encore, à l’heure où nous parlons, interrogés. Sans transition, des nouvelles de la célèbre Isabelle Adjani, actuellement en convalescence après une nouvelle intervention de chirurgie esthétique dans le... »
Je coupe la télé sans hésiter.
Est-ce que je dois me considérer comme un héros ? En tout cas me voici soulagé.
Et j’espère que la presse ne va pas me demander plus que ce que j’ai dit aux services de police. Je ne me vois pas répondant à des questions devant la porte de mon immeuble sous les flashes des photographes...
Tout en commençant mon déjeuner, je tourne le bouton du petit poste de radio qui se trouve sur le comptoir. Une habitude : écouter France Inter, des nouvelles vues sous l’angle français, pendant mon repas. Et là, je ne m’y attendais pas, nouvelle surprise !
« ....il s’est avéré que les personnes prises ainsi en otage étaient toutes, non seulement de nos compatriotes, mais possédaient toutes un compte à l’UBS, compte, grassement alimenté pour certains, pour des raisons que l’on soupçonne d’ordre fiscal. Les sœurs Bellencourt, dont la fortune s’élève on le sait à des chiffres astronomiques, ont été immédiatement déférées au parquet pour interrogatoire. Quant aux autres victimes des pirates, tous en poste en Suisse, ils seront rapidement extradés le Garde des Sceaux ayant immédiatement pris contact avec son homologue helvétique. Mais déjà ce matin, sur le site de Tarmedia 69, d’autres révélations sont apparues. Parmi les sept otages, se trouvaient deux cadres bancaires, l’un et l’autre proches du Ministre du Budget et Tarmedia dit détenir des documents sonores faisant état de conversations téléphoniques dans lesquelles il apparait que Jérôme Cuhazac ne pouvait pas ignorer les fraudes fiscales des inculpés. Il va sans dire que le Ministre a immédiatement démenti ces affirmations avec la plus grande fermeté. Quant à la Présidence de la république, son mutisme ne saurait perdurer sur une question aussi grave puisqu’elle touche plusieurs membres du Gouvernement. Qui aurait pu penser qu’une innocente ballade sur le lac de Genève pouvait, grâce à un groupuscule indépendantiste, permettre de découvrir des malversations dont le gouvernement français se trouve aujourd’hui fortement déséquilibré ? De son côté, Bernard Tampie a déclaré.... »

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